En France, la ruée vers l’ouest est très récente : à peine 10 ans. Nous n’avons pas eu le temps de nous y préparer, et donc nous sommes en retard :
- sur la compréhension du phénomène de littoralisation dans sa version moderne. On a trop en tête ce qui se passe depuis longtemps du côté de la Méditerranée, donc on ne voit pas l’importance de la dimension économique : les départements de l’arc atlantique ont créé 1/4 des emplois supplémentaires en France ces 10 dernières années ;
- sur les équipements, l’aménagement du territoire,
- sur le logement, bien sûr.
- mais aussi, sur le projet.
Voici qu’un atout inattendu apparaît sous nos yeux ébahis ; il est, en premier, saisi par les personnes qui sont plus mobiles, plus fortunées, plus libres.
Le bon réflexe, c’est de corriger ces déséquilibres en faisant plus de place pour accueillir les actifs et les familles en plus grand nombre, en commençant par ne pas chasser ceux qui sont déjà là.
Le mauvais réflexe (et c’est notre tendance pour l’instant) : c’est de refermer la porte et de transformer un atout en problème, en crise, en rareté, en spéculation, en exclusion renforcée, et donc finalement en un déséquilibre plus grand que celui qu’on voulait contenir.
Les Français sont libres.
Le paternalisme, en aménagement du territoire, c’est fini.
Ce n’est ni l’Etat, ni l’employeur, qui dicteront à chacun où il doit vivre.
De plus en plus, les Français choisissent un lieu de vie, puis ils y cherchent un travail. Ça ne marche pas tout le temps bien sûr, mais c’est leur souhait.
Et ils ont raison.
On peut en faire une force : on peut laisser les Français guider l’aménagement du territoire selon leurs aspirations à la qualité d’un cadre de vie qu’ils recherchent.
Ou on peut en faire une crise, comme ce que connaissent les communes littorales aujourd’hui au sein desquelles on ne peut plus se loger et donc travailler.
La première option me semble préférable pour la France.