Artificielles, et naturelles.
Naturelles ( de notre
nature), parce qu’étant des milliers à les construire, à les entretenir et à les emprunter jour après jour, il se produit toujours un phénomène d’auto-organisation organique qui finit par leur donner vie.
Ce ne sont pas seulement les arbres et les plantes aux balcons qui animent les coeurs économiques et culturels de nos territoires.
C’est aussi un agencement intelligent, une adaptation continue, sans cesse personnalisée et ajustée selon les goûts, les plaisirs, la mémoire et la volonté des habitants, dans la forme même de notre environnement bâti.
S’habiller et parader en ville, c’est déjà contribuer à sa beauté et à sa vie
Entre l’informel et l’hyperformel : l’urbanisme organique
!
Les villes créent l’infrastructure de nos vies et organisent la valse des statuts. Elles sont le théâtre de nos ascensions, de nos combats et de notre fraternité.
Elles nous permettent de communiquer, de commercer et d’accéder les uns aux autres en quelques minutes.
Elles rassemblent les contraires, nous voient naître et mourir, nous aimer et nous détester. Elles nous voient concourir et nous entraider, cuisiner et partager.
Leur vitalité est la notre. Leur puissance organique, le reflet de notre courage. Leur scintillement, le fruit de la liberté imaginative qui traverse le corps social.
Les villes vivantes ne sont ni libérales, ni communistes. Il arrive même qu’elles soient plus libres là où la politique l’est moins, et plus contraintes là où l’on se dit libre. Elles se nourrissent des plans, des règles, du désir et de la liberté qu’elles transforment en trames organiques, en pulsations vivantes.
Elles sont ordonnées et libres d’un ordre dont personne n’est l’auteur.
Elles sont si grandes qu’elles ne peuvent être produites que par étapes. Prolongements matériels de nos esprits, leur nature est algorithmique. Comme nos tatouages, nous les portons sur nous.
2ème cerveau, 3ème peau… Nous nous reconnaissons en elles. Nous foisonnons à travers elles. Elles apaisent nos schizophrénies. Elles nous appellent et nous repoussent, nous enchantent et nous dégoûtent.
Les villes vivantes ont aussi leurs haters, qui les jalousent. Mais plus sournoisement, elles peuvent se saboter de l’intérieur, en produisant les systèmes qui brisent leurs élans et les empêchent de s’adapter.
Le XXème siècle et ses idéologies de contrôle total auront fait énormément de mal à nos villes.
Et si, dans le registre politique, nous avons appris à analyser le communisme et le fascisme, ce travail de recul n’a pas encore eu lieu, à la même hauteur, en ce qui concerne la fabrique de nos villes. C’est pourquoi ce début de XXIème siècle urbanistique semble encore hanté par les méthodes absurdes des Modernes, leur simplisme mutilant et leur haine de la vie.
Elle ne peut pas être entièrement conçue, réglée.
Elle ne peut que naître, apprendre et grandir.














