On s’épuise à entretenir des centaines de mètres carrés de gazon qui ne servent plus à rien, alors que nos enfants et les jeunes familles ne trouvent plus de toit pour se loger.
Le paradoxe est là : nos jardins sont devenus trop grands pour nous, alors que nos villes sont devenues trop petites pour eux.
L’heure est venue de le clamer haut et fort : nous pouvons — et donc nous devons — démocratiser l’accès au rêve français d’un jardin pour tous !
A — Arrêtons de nous voiler la face
La crise du logement s’intensifie
La pénurie de logements n’est pas un mythe
et pèse lourdement sur l’emploi, les parcours de vie mais aussi la natalité !
Se loger décemment est devenu un parcours du combattant.
Pourtant, l’amour des Français pour la maison individuelle avec son précieux jardin ne se dément pas.
C’est l’aspiration n°1 !
Aujourd’hui, posséder ce coin de verdure en ville ou en périphérie immédiate est devenu un luxe inaccessible pour la majorité
Avoir un jardin ne devrait pas être réservé aux plus aisés
. Un privilège qui exclut.
B — La solution est juste sous nos pieds : mais nous l’avons bloquée en nous trompant de perspective
Nous avons un super-pouvoir à activer : démultiplier les grands jardins de nos aînés !
C’est puissant, pragmatique et révolutionnaire à la fois :
- Faire d’un jardin… deux ou trois nouveaux havres de paix !
- Adapter chaque projet, un à un, aux envies et besoins de chacun.
- C’est une option qui peut se déployer de façon progressive et qui ne coûte rien au contribuable.
Mais la grande majorité des plans locaux d’urbanisme, bloque cette solution là où les besoins en logement sont immenses
La mise sous cloche du tissu pavillonnaire n’est pas soutenable
.
Le partage des terrains est bloqué parce que ces bénéfices ne sont pas compris :
- Pour la nature : une biodiversité périurbaine plus riche
Densification douce et biodiversité : pourquoi le « petit » jardin est un meilleur levier de transition ?
, des milieux et micro-habitats plus divers et hétérogènes. Adieu les pelouses uniformes, vive les jardins d’amour et de vie !
Tout cela en respectant le ZAN et en stoppant l’étalement des villes, qui constitue la véritable menace pour la biodiversité française.
- Pour nous : le plaisir retrouvé de planter, de jardiner, de se détendre en plein air, enfin accessible au plus grand nombre.
Tout cela en faisant d’une contrainte (la corvée) le levier qui nous permettra de ne pas faire de ce plaisir un privilège et nous donnera le déclic pour diviser, partager, et accueillir de nouveaux voisins.
C — Nous devons renverser la logique de l’urbanisme
Si nous voulons adapter les couronnes périurbaines aux conditions de vie d’aujourd’hui, de nos aînés comme des jeunes familles, nous devons inventer un urbanisme qui ne dessine plus, d’en haut, des formes de villes idéales pour les imposer à tous mais qui se met, humblement au service des habitants, afin de faire de leurs projets personnels la grande force de transformation vertueuse de notre cadre de vie.
Autorisons le partage des jardins : et le plaisir de jardiner cessera, enfin, d’être un privilège.
Changeons l’urbanisme : et nous ferons, enfin, des habitants nos partenaires.