Continuons la traversée de la forêt hyrcanienne, ce grand refuge de biodiversité végétale au sud de la Caspienne : là se trouvent des candidats pour nos paysages futurs. On a déjà cité le Salix aegyptiaca, le Corylus colurna… on parlera ici d’un oublié d’intérêt majeur, le Parrotia persica.
Son nom d’arbre de fer résume son portrait : arbre de 6 à 12 m, beau en toutes saisons (écorce, feuilles et fleurs, port…), à bois des plus durs et des plus utiles pour quantité d’outils, et surtout grande adaptabilité et résistance au chaud et au sec… bref, un champion du futur, autrefois très répandu sur tout le continent européen, qui s’en est retiré suite aux glaciations, jusqu’au sud de la Caspienne, et qui fut longtemps considéré comme la seule espèce du genre, jusqu’à la découverte récente d’un cousin très proche en Chine.
Il a ainsi survécu dans ces aires de répartition résiduelles minuscules, en témoin de l’histoire chaotique de la végétation sur notre continent européen1.
Son intérêt est lié à sa phénologie florale : il fleurit très tôt, fin février (voir photos), et offre des bouquets d’étamines qui ravissaient, en son temps, les insectes précocement réveillés. Un apport atypique qui intéresse maintenant nos abeilles et bientôt, réchauffement climatique oblige, de nouveau, de nombreux autres consommateurs.
On le fera remonter partout, ville et campagne, tant il est fiable face au climat qui arrive. Il en fait la preuve dans les piètres conditions de vie que lui assurent les boulbènes gersoises et qui deviennent si sélectives pour nos végétaux.
On utilisera les diverses sélections horticoles existantes, mais vite la recherche pourrait utilement prospecter les milieux de vie de ce persan2 pour en ramener les plus armés pour les sécheresses à venir.
Notes :
- CNRS,
L’odyssée de l’arbre de fer
, 17 novembre 2022. - Henrik Sjöman et Phillip Douglas,
Into the Valley of Parrotia
, Arnoldia, Harvard Arnold Arboretum, 18 juin 2021.