Des milliers de lotissements,
des quartiers pavillonnaires à perte de vue,
des millions de maisons,
et leurs jardins…
A — L’étalement urbain a longtemps été considéré comme l’un des plus importants fléaux urbanistiques du 20ème siècle : principal responsable de l’artificialisation des terres naturelles et agricoles, règne de l’individualisme, symbole de la France moche
…
Il n’aurait tout simplement jamais fallu l’autoriser !
B — Mais voilà qu’il faudrait aujourd’hui mettre nos quartiers pavillonnaires sous cloche
La mise sous cloche du tissu pavillonnaire n’est pas soutenable
, ou presque, les sanctuariser !
Poumons verts de nos agglomérations, espaces de respiration, immenses réserves de biodiversité, havres de paix…
D’un extrême… à l’autre.
La maison individuelle
Pourquoi l’avenir appartient à la maison individuelle
fait rêver les Français depuis des décennies mais nous avons toujours eu du mal, nous urbanistes, à nous positionner vis-à-vis d’elle : et si nous faisions preuve d’un peu de modestie, cette fois-ci ?
La France compte 20 millions de maisons, et leurs jardins.
C’est autant d’invitations à abandonner nos approches condescendantes pour entrer, enfin, dans un dialogue horizontal avec ces millions de familles qui occupent, possèdent, et qui pour certaines, ont pour projet de transformer leur espace de vie.
Depuis 13 ans, chez Villes Vivantes, nous avons consacré toutes nos énergies à expérimenter des opérations d’un genre nouveau : BIMBY & BUNTI, pour densifier et transformer les quartiers pavillonnaires, avec et pour leurs habitants.
16’000 projets accompagnés plus tard, voici ce que nous avons appris :
1/ Sur une parcelle bâtie, le potentiel d’accueil de nouvelles constructions, mais aussi de renforcement de la biodiversité, ne dépend pas en premier lieu de facteurs techniques, mais de facteurs humains.
C’est-à-dire des facultés des habitants à :
- s’entendre et prendre des décisions en famille,
- porter des projets de construction,
- consacrer du temps et de l’énergie au jardin.
Les options de transformation n’existent que parce qu’elles répondent à des besoins, des aspirations, et des capacités propres à chaque foyer.
2/ La question clé est de savoir comment nouer le dialogue. Penser à la place des habitants est évidemment une erreur : il ne faut pas seulement les concerter, leur demander leur avis, ou les interroger.
Il faut, fondamentalement, les écouter, les accompagner, puis leur donner les moyens d’imaginer, de concevoir et de mener à bien leurs projets.
3/ Employer les outils traditionnels du projet urbain
et de la maîtrise foncière est inopérant.
Nous devons apprendre à pratiquer un urbanisme qui se construit pas à pas, maison après maison.
Un urbanisme qui nécessite le déploiement massif d’une capacité de conception multifacette suffisamment avancée pour faire émerger, et réaliser, des milliers de micro-projets sur mesure.
Nous en avons en fait un métier : la densification douce.