8’750 € le m² : pourquoi le jardinet est devenu un luxe

Décryptages
Publié le 14/10/26
Mis à jour le 14/10/26
3min de lecture

Ce petit jardin de 60 m² fait s’envoler le prix de + de 75 % au-dessus du prix du quartier…

315’000 € pour 36 m². Soit 8’750 € le m² habitable !

Car oui, ce petit logement avec jardin situé à Bordeaux Saint-Seurin est présenté, à raison, comme un bien d’exception.

L’agent immobilier sait qu’il est rare, et il sait naturellement en jouer pour nous faire rêver :

  •  36 m², l’esprit d’une maison… et 60 m² de jardin en plein cœur de Saint-Seurin 
  •  Totalement indépendant et niché en fond de parcelle 
  •  Un véritable luxe en plein cœur de Bordeaux 

Mais pourquoi ce qui ressemble à une simple maisonnette avec son petit bout de jardin est-il devenu un produit de luxe ?

À Pessac, Mérignac, Talence, au Bouscat, à Bègles ou à Bruges… des dizaines de milliers de parcelles pourraient accueillir la construction de toutes petites maisons avec de tout petits jardins, dans des quartiers où l’on peut d’ores et déjà rejoindre son travail, les commerces et les écoles à pied, en vélo ou en transport en commun :

  • en divisant des terrains ;
  • en transformant des dépendances ;
  • en agrandissant des maisons ;
  • ou en construisant de petites maisons dans les jardins.

Mais nos règles d’urbanisme l’interdisent le plus souvent !

Voilà le paradoxe :

  1. nous nous plaignons du prix des logements,
  2. tout en empêchant les propriétaires de produire ceux dont les habitants ont besoin.

Chers amis, ouvrons les yeux : là où nous entretenons artificiellement la pénurie, nous pouvons créer de l’abondance : sans construire de grands immeubles, sans étendre la ville… mais tout simplement en permettant aux lotissements d’hier de se transformer, parcelle par parcelle, projet par projet, en de véritables villages.

Ma proposition pour Bordeaux Métropole Bordeaux Métropole : « territoire du NON » Bordeaux Métropole : « territoire du NON » , et toute son aire d’attraction :

  1. Autorisons, et accompagnons de façon proactive, la création de ce type de petits logements avec petits jardins.
  2. Poussons cette production jusqu’à briser la pénurie, de sorte que la maisonnette et son jardinet ne soient plus un luxe.
  3. Faisons ainsi en sorte que le logement ordinaire, accessible au plus grand nombre soit, demain, celui que nous considérions hier comme exceptionnel.

Est-ce beaucoup demander ?

Pas vraiment.

Juste,

  • une autorisation dans le PLU, de pouvoir produire de petits logements sur de petits terrains, partout dans les espaces déjà bâtis, à l’initiative des propriétaires eux-mêmes ;
  • une ingénierie dédiée qui transforme le potentiel latent en idée, l’idée en options, les options en choix, le choix en financement accepté, puis en autorisation d’urbanisme acceptée, et enfin en construction sonnante et trébuchante.

Collectivités : cette abondance de maisons avec jardins nous tend les bras.

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