Entre 2000 et 2018, l’essentiel de la croissance démographique européenne s’est concentrée sur les littoraux

Décryptages
Publié le 12/10/26
Mis à jour le 12/10/26
3min de lecture
Entre 2000 et 2018, l’essentiel de la croissance démographique européenne s’est concentrée sur les littoraux

Accelerating growth of human coastal populations at the global and continent levels: 2000–2018 , Scientific Reports, 2024.

  • 1. En Europe, la croissance démographique se concentre sur les littoraux entre 2000 et 2018
  • 2. Le phénomène est encore plus marqué en Amérique du Sud
  • 3. Près d’un humain sur trois vit déjà à moins de 50 km de la mer
  • 4. Et en France ?

Le littoral européen (à moins de 50 km de la mer) a gagné en moyenne 1,1 million d’habitants par an entre 2000 et 2018… tandis que la population habitant au-delà des 50 km du littoral a globalement stagné.

C’est l’un des résultats les plus frappants d’une étude scientifique publiée en 2024 dans Scientific Reports, une revue du groupe Nature.

Les chercheurs ont analysé la répartition de la population mondiale entre les régions littorales et l’intérieur des terres, ainsi que son évolution entre 2000 et 2018.

Petit état des lieux.

1. En Europe, la croissance démographique se concentre sur les littoraux entre 2000 et 2018

Ce n’est pas une comparaison entre quelques stations balnéaires et des territoires ruraux isolés, mais bien une comparaison de l’ensemble des populations européennes, réparties selon leur distance au littoral.

Lors des 18 premières années du 21ème siècle, les territoires littoraux européens ont donc capté l’essentiel de la croissance démographique nette du continent.

2. Le phénomène est encore plus marqué en Amérique du Sud

  • Amérique du Sud : +31 % sur les littoraux, contre +17 % à l’intérieur.
  • Asie : +26 % contre +18 %.
  • Afrique : +61 % contre +57 %.
  • Amérique du Nord : +18 % contre +19 %.

L’Amérique du Nord fait une très légère exception : la population de l’intérieur y augmente légèrement plus vite que celle des littoraux. En Afrique, la croissance est spectaculaire partout, mais le différentiel littoral/intérieur reste limité. En Europe et en Amérique du Sud, en revanche, le renforcement de la concentration littorale est particulièrement net.

3. Près d’un humain sur trois vit déjà à moins de 50 km de la mer

L’étude révèle également l’ampleur mondiale de cette concentration.

En 2018 :

  • 15 % de l’humanité vivait à moins de 10 km des côtes.
  • 30 % à moins de 50 km.
  • 45 % à moins de 150 km.

Soit 3,3 milliards d’êtres humains dans une bande littorale de 150 km.

Les 50 premiers kilomètres du littoral, qui représentent 11 % des terres émergées, accueillent déjà près de 30 % de la population mondiale.

4. Et en France ?

Selon une analyse indépendante réalisée à partir des données IGN et INSEE, environ 28 % de la population métropolitaine vit à moins de 50 km de la mer, une proportion proche de la moyenne mondiale.

Selon une analyse indépendante à partir des données IGN et INSEE, environ 28 % de la population métropolitaine vit à moins de 50 km de la mer, une proportion proche de la moyenne mondiale.

La littoralisation française s’inscrit donc dans un phénomène démographique beaucoup plus large.

La littoralisation est souvent abordée sous l’angle des risques et de ses conséquences : pression foncière, artificialisation, érosion côtière, submersion marine, exposition à la montée des eaux… Ces enjeux sont réels et importants. Mais l’étude nous invite à regarder, aussi, la dynamique démographique elle-même : pourquoi les populations se concentrent-elles autant près des côtes ?

Les facteurs sont multiples, mais le phénomène, lui, est bien universel. Et il s’accélère.

Alors faut-il chercher à le ralentir, à l’empêcher ? Ou apprendre à composer avec lui, à mieux l’accueillir, l’organiser et l’aménager ?

Rejoignez la discussion