Le recours à l’auto-finition est de plus en plus fréquent pour faire les économies qui permettent de faire passer les projets au niveau financier. Mais aussi peut-être demain : pour augmenter le plaisir que nous procurent nos bâtiments… le plaisir de les faire, comme le plaisir de les habiter ?
L’auto-finition pourrait-elle être une clé pour permettre le retour de l’ornement dans les pays où la main-d’œuvre est chère ?
L’argument que je pousse en cette rentrée : si nous ne renouons pas ce lien affectif qui unit un bâtiment à ses usagers, alors l’acceptabilité de l’acte de construire continuera à s’effondrer et, avec elle, notre capacité à produire plus dans les lieux bien situés. Et la décoration, l’ornement populaire, est peut-être l’une des clés pour retrouver ce lien.
Je vous ai ainsi partagé, il y a quelques jours, deux vidéos du retour en force de l’ornement que l’on peut observer dans le monde oriental, comme en Asie du Sud-Est (c’étaient des vidéos de comptes Instagram d’Indonésie
Le retour de l’ornement : un levier inattendu pour faire accepter la ville dense
).
Avec des métiers nouveaux qui émergent :
- d’un côté autour de la sculpture pilotée par l’IA,
- et de l’autre par une voie plus artisanale qui consiste à mouler, construire et sculpter sur place, grâce aux qualités du ciment, des frises, des moulures, des encadrements, des découpages de murs en panneaux, des textures, des colonnes et leurs chapiteaux…
Alors, ce que l’on devine dans ces vidéos, c’est que la finition manuelle est non seulement nécessaire pour la mise en place sur site de tous ces éléments de décor (ce sera donc du temps, donc des coûts…), mais aussi qu’elle ajoute son doigté, sa subtilité au charme inhérent à ces plaisirs formels, qui ne sont là que pour le seul plaisir des yeux, de la fantaisie, de la générosité et de l’amour porté aux belles choses, aux beaux espaces.
Dans quelle mesure le retour de l’ornement est-il envisageable dans un pays comme la France, à des coûts raisonnables ?
L’auto-finition apporte sans doute une partie de la réponse.
Chez Villes Vivantes, nous accompagnons chaque année 1’500 porteurs de projet qui sont les maîtres d’ouvrage de projets de construction ou de rénovation.
Ces porteurs de projet sont dans une configuration d’autopromotion (être le maître d’ouvrage du chantier), à distinguer :
- de l’auto-maîtrise d’œuvre : dessiner soi-même ses plans et coordonner soi-même les entreprises qui réaliseront les travaux,
- de l’auto-construction partielle : réaliser soi-même une partie des travaux, et en particulier certaines finitions (l’auto-finition).
Le fait que certains propriétaires qui font bâtir, ou qui rénovent de l’ancien, décident de plus en plus de réaliser certaines finitions eux-mêmes, ouvre une voie intéressante… pour rendre finançables certains projets mais aussi, peut-être, pour leur donner plus de caractère ?
Voici l’exemple d’un couple britannique qui a décidé de rénover une maison de ville victorienne des années 1870 et qui partage joyeusement son projet sur un compte Insta.